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Ronan & Erwan Bouroullec

31 May - 28 July, 2001

Galerie kreo
31, Rue Dauphine
75006 Paris
+ 33 (0) 1 53 10 23 00
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Enfants surdoués du design, ils forment un duo complice soudé par la fratrie. Ronan et Erwan Bouroullec sont aussi diserts sur les projets en cours (Vitra, Cappellini, Rosenthal, Magis…) qu’ils sont discrets sur eux-mêmes. Si rien ne filtre sur leur méthode de travail en tandem, les deux frères s’expliquent volontiers sur leur démarche qui cherche à sortir de la simple rationalisation...

Enfants surdoués du design, ils forment un duo complice soudé par la fratrie. Ronan et Erwan Bouroullec sont aussi diserts sur les projets en cours (Vitra, Cappellini, Rosenthal, Magis…) qu’ils sont discrets sur eux-mêmes. Si rien ne filtre sur leur méthode de travail en tandem, les deux frères s’expliquent volontiers sur leur démarche qui cherche à sortir de la simple rationalisation. « Ce n’est pas la réponse à la fonction qui fait qu’un objet est réussi ». Réinvestir par les sensations le rapport d’usage entre l’homme et le monde matériel, telle est leur intention. « Nous avons besoin de formes affectives qui touchent l’inconscient et rendent les objets appropriables ». On pense à ces carafes de la série Torique produite à Vallauris dont la silhouette se calque sur celle d’une simple bouteille, à cette banquette éditée par Domeau & Pérès dont la souplesse d’assise évoque celle des vieilles 2CV, ou mieux encore, à ce fameux Lit-clos diffusé par Cappellini qui réveille les souvenirs d’enfance de cabanes nichées dans les arbres. Aussi prudents avec les mots qu’avec le dessin, ils gomment au maximum, de peur d’enfermer l’utilisateur dans des lectures à sens unique. Leur design s’offre à la libre interprétation pour éviter de ritualiser les gestes. A la manière de cette première collection de Vases combinatoires, et conçue comme un système sur le mode ludique du jeu de construction. Leur écriture tend vers l’épure, elle se singularise par un décalage qui fait basculer l’objet, du côté de l’imprévisible. Quand les Bouroullec s’intéressent à un lieu domestique comme la cuisine, ils l’imaginent « désintégrée » en matériaux simples, légers et démontables. « Nos objets sont des outils qui servent à se fabriquer sa propre solution, ce sont des questions ouvertes sur des modes de vie ». Le pouvoir de séduction de ces réalisations est tel qu’elles ne laissent pas indifférentes. Pour preuve, les nombreuses collaborations qui ont conduit Ronan et Erwan Bouroullec à s’investir autant dans le savoir-faire artisanal que dans la série industrielle (ou dernièrement l’aménagement intérieur de la boutique A POC pour Issey Miyake). La découverte d’un univers non exploré motive leur choix pour l’intérêt évident d’y porter un regard neuf.

Cette première exposition chez kreo s’apparente à un autre type d’aventure, qui les libèrent des contraintes habituelles. Ils abordent l’espace de la galerie comme un lieu d’expérimentation, avec l’envie de formaliser des recherches. Dans la continuité de la Cabane présentée à Hyères dans le cadre de la villa de Noailles (été 2000), les frères Bouroullec poursuivent une réflexion menée sur des micro-constructions, explorant des liens possibles et sensibles entre le design et l’architecture.

Parmi les nouvelles pièces, figure une structure souple en laine et mousse tressée de bandes à peine rigidifiées qui forme par tension un objet aux contours flous. Mi-paravent, mi-abri, il dessine une zone de repli légère et transparente. Selon le même principe, le parasol pour l’intérieur permet de définir un sous-espace dans l’habitat, matérialisé cette fois-ci par l’éclairage aux néons qu’il concentre sous son dôme. Les dimensions exagérées donnent à cette maxi-lampe de 2 x 2 mètres d’envergure, une présence toute particulière d’autant plus accentuée qu’elle agit comme un point de repère. Ronan et Erwan Bouroullec s’amusent à perturber les images pour créer les conditions propices à des déplacements d’habitudes. L’esprit retors et l’œil critique vis-à-vis des discours sur la dématérialisation à venir, les deux frères s’ingénient à grossir leurs vases à la taille d’un téléviseur ou d’une ampoule géante, à les mettre en lumière tout en maquillant leur peau externe de peinture à reflet métallisé. Ces objets très visibles parce que trop voyants en disent plus long que leur seule fonction laisserait supposer. Ce qui les rend attachants.

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Laurence Salmon

Une itinérance de l’exposition est prévue pour l’automne 2001 à la MDS Gallery (Galerie Issey Miyake) à Tokyo.

Images de l'exposition

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Ronan (né en 1971) et Erwan Bouroullec (né en 1976) sont deux frères designers qui travaillent ensemble depuis quinze ans. Leur travail bénéficie à la fois de leur assiduité commune et de l’apport de leurs personnalités respectives. Leur atelier est implanté à Paris, comptant une équipe de six personnes.

En 1997, ils sont repérés par Cappellini, qui leur offre alors l’opportunité de réaliser leurs premiers projets de design industriel. Leur collaboration avec la Galerie kreo débute en 2000 ; laquelle leur dédie un an plus tard seulement une première exposition personnelle...

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