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Museum pieces
Jasper Morrison

09 septembre - 14 octobre, 2006

Galerie kreo
31, Rue Dauphine
75006 Paris
+ 33 (0) 1 53 10 23 00
Jasper Morrison - Museum pieces

Cette exposition ? Quinze résines noires, quinze résines blanches, trente pièces qui mises en vitrines deviennent «pièces de Musée» comme l’indique le titre de l’exposition. Par ce premier geste d’enfermement où Jasper Morrison va-t-il ? Déplace-t-il le territoire de ses pièces, ici,  «museum pieces» ?  Est-ce dire que ces pièces quittent le territoire de l’usage attendu et que par ce geste d’enfermement, il en a suspendu l’usage, mis la fonction entre parenthèse pour les basculer dans le territoire exclusif du regard...

Cette exposition ? Quinze résines noires, quinze résines blanches, trente pièces qui mises en vitrines deviennent «pièces de Musée» comme l’indique le titre de l’exposition. Par ce premier geste d’enfermement où Jasper Morrison va-t-il ? Déplace-t-il le territoire de ses pièces, ici,  «museum pieces» ?  Est-ce dire que ces pièces quittent le territoire de l’usage attendu et que par ce geste d’enfermement, il en a suspendu l’usage, mis la fonction entre parenthèse pour les basculer dans le territoire exclusif du regard. Le second geste, celui-là de fabrication abolit tout usage possible, certaines de ces pièces sont pleines ou d’un seul bloc, les autres suscitent cette impression qu’ici, il y a aussi, quelque chose qui cloche, quand bien mêmes certaines semblent maintenir une promesse d’usage. On pourrait commencer à décrire les premières en disant des vases au col obstrué, mais il faut aller plus loin, ces vases sont pleins, la fonction n’est pas seulement suspendue par l‘écran de la vitrine, elle est devenue impossible. Un bol ? A peine conviendrait-il de dire un réceptacle dont on ne voit pas nettement quel serait l’élément qui pourrait s’y loger, revient l’impression tenace d’une fonction suspendue et d’une fonctionnalité éloignée. Une boîte à bijoux, un réceptacle à pharmacée de nuit ? On pourrait encore y associer des pièces archéologiques, on pense aux accessoires pour les gestes de beauté des femmes ougaritiques, mais ce contenant et son couvercle clairement posé ne font qu’un seul bloc. Ces trente pièces enfermées en des  vitrines de musée, que deviennent-elles exactement ? Pièces à poser, pièces à regarder à coup sûr. Ces pièces de musées  ressemblent-elles par certains côtés à des Morandi, peut-être, à des objets présents dans les tableaux de la période métaphysique de De Chirico, peut – être également, on se souvient que le peintre disait ne pouvoir saisir ces objets que «surpris par certaines dispositions d’objets et que toute l’énigme de la question tenait pour lui dans ce mot : « surpris ». Avec ces pièces une nouvelle appréhension des objets, vus de près, vus de loin mais toujours enfermés dans une vitrine que sont-ils donc devenus ? Serait-il légitime d’envisager ici un possible retour de l’attention portée par Jasper Morrison aux figures archétypales, un objet enfin débarrassé de toute formalité ?

 

 

Images de l'exposition

  • Jasper Morrison - Museum pieces
 - Jasper Morrison - .

Né en 1959 à Londres, Jasper Morrison est diplômé de la Kingston Polytecnic Design School et du Royal College of Art de Londres. En 1986 il monte son propre bureau de design à Londres et se fait connaître par un mobilier fonctionnel, sobre et synthétique, comme l’antithèse des pièces démonstratives et colorées qui ont lancé Memphis au début des années 80.

Dix ans plus tard en 1995, le bureau de Jasper Morrison remporte le contrat du tramway de Hanovre, c’est le plus gros budget de production dans le domaine du rail pour l’époque (500 million de Deutschmark)...

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